Mes sœurs, frères et parents, pour notre conversation d’aujourd’hui, je vous propose de parler des médias Nigériens, tant du public que du privé. Moi, Tiecoura le berger peul qui aime trop ses vaches, accorde aussi une grande importance aux informations. Dans mon entendement de peul, des citoyens modernes doivent s’informer sur la situation politique, économique et culturelle du pays. Qu’est-ce qui permet d’avoir accès aux informations ? Vous allez me répondre, ce sont les médias, qu’ils soient de la presse écrite, de l’audiovisuel et de l’internet. Je vous dirais que je suis d’accord avec vous. Remarquez que notre grand pays, le Niger a connu une véritable révolution au sortir de la conférence nationale souveraine de 1991, en ce qui concerne le développement du monde médiatique. En plus de l’ORTN, de l’ONEP, de l’ANP, une multitude de médias privés ont vu le jour. Aujourd’hui, les radios et télévisions privées, plus les journaux presse écrite sont à foison dans notre paysage.
Cependant, la question qui mérite réflexion est la suivante : tous ces médias tant publics que privés remplissent-ils correctement le rôle qui leurs ait assigné ? Informent-ils, éduquent-ils et distraient-ils comme il le faut les populations ? Les gens qui travaillent dans ces médias sont-ils dans des bonnes conditions d’exercice de leur métier d’hommes de médias ? Commençons d’abord par la télévision nationale. Moi, Tiecoura je vous dis que cette télé sahel n’est plus celle des années 1980, dont on aimait regarder les programmes. Notre télévision nationale, surtout avec le régime de la renaissance apparait actuellement comme un organe de propagande au service des dirigeants en place. Plus on avance plus les programmes de télé sahel perdent en qualité. Je ne sais pas ce qui se passe dans les têtes des responsables de cet office, mais force est de constater qu’ils ont vraiment besoin de recyclage. Pour ce qui concerne les radios et télévisions privées, ce qui m’intrigue, c’est surtout la mauvaise utilisation du français. Vous allez certainement me demander. Notre bon ami Tiecoura, pourquoi veux tu que des journalistes te parlent un français impeccable, alors que cette langue n’est pas celle de leurs parents ? Je vous réponds que la n’est pas la question. N’oubliez pas que le français est notre langue officielle, donc de travail. Tous ce que je demande aux journalistes, qu’ils soient du public ou du privé, c’est de nous aligner des phrases correctes. Des phrases avec un sujet, un verbe et un complément.
Moi, Tiecoura, je vous dis, je suis ami avec beaucoup de journalistes qui travaillent pour le public et pour le privé. Avec mes amis journalistes du privé, c’est après les discussions que j’ai eu avec eux ; que j’ai compris pourquoi certains parlent un français à l’envers, dans leur façon de traiter les informations qu’ils nous donnent. Dans le privé, mes amis journalistes souffrent énormément. Figurez –vous que ces journalistes, cameramen, réalisateurs et monteurs du privé son très mal payer. Les salaires qu’ils gagnent font pitié au point de vous faire pleurer. Pour cause, les radios et télévision privée font des salaires qui n’excèdent pas le plafond de 100.000 FCFA par mois à leurs agents. Alors, je vous pose la question. Comment voulez-vous avoir des travailleurs performants avec des salaires de misères ? Renseignements pris davantage, je me suis rendu compte que ce sont les promoteurs des médias privés qui ne jouent pas franc jeu. Oui ! Ces promoteurs du privé profitent de l’absence d’une convention collective régissant les métiers des médias tant public que privé ; pour exploiter leurs agents d’une manière outrancière. Pendant que les promoteurs des médias privés s’enrichissent, leurs agents vieillissent prématurément, du fait de l’énorme précarité dans laquelle ils sont. Moi, Tiecoura le peul berger, je sais que vivre à Niamey n’est pas une chose facile. Car, la vie que ce régime de renaissance n’a pas améliorée est très coûteuse.
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